Nicolas Sarkozy présente les 10 mesures phare du Plan Alzheimer
Stabiliser l'évolution de la maladie en 15 ans
Nicolas Sarkozy a présenté vendredi 1er février, à Sophia Antipolis, près de Nice, un plan quinquennal de lutte contre la maladie d'Alzheimer.
FINANCEMENT :
- 1,6 milliard d'euros de dépenses nouvelles, dont 300 millions en 2008. Ces dépenses atteindront près de 500 millions d'euros en 2012, dont 438 millions pour les volets médico-social et
sanitaire, selon un document diffusé par l'Elysée.
- Sur le 1,6 milliard de dépenses nouvelles en cinq ans, 1,4 milliard d'euros sera financé par la franchise médicale entrée en -vigueur le 1er janvier. Ces sommes seront consacrées aux dépenses
médico-sociales et sanitaires du Plan.
- La Franchise médicale est supposée rapporter chaque année 850 millions d'euros et doit financer aussi la lutte contre le cancer et le développement des soins palliatifs.
- Le volet recherche (200 millions d'euros de dépenses nouvelles en cinq ans dont 30 millions en 2008) sera financé par l'Etat.
RECHERCHE
- Une fondation de coopération scientifique sera créée pour donner un nouvel élan à la recherche scientifique contre la maladie d'Alzheimer. Cette fondation aura pour mission d'attirer les
meilleurs chercheurs français et étrangers, de "soutenir les meilleures équipes" et de financer les équipements couteux.
-L'objectif est "la découverte ou la validation d'un diagnostic et d'un traitement en France", a dit le président.
DIX MESURES PHARES
- 30.000 places en établissement feront l'objet d'un renforcement de personnel pour offrir aux patients des soins et des activités adaptés.
-Des unités spécialisées Alzheimer seront créées dans les établissements de moyen séjour.
- Des structures de diagnostic de la maladie d'Alzheimer seront développées : 38 consultations et trois "centres mémoire de ressources et de recherche" seront créés d'ici 2012.
- Des "Maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer (MAIA)", seront labellisées sur tout le territoire.
- Parallèlement, le soutien a domicile sera renforcé et des "coordonnateurs" seront mis en place sur tout le territoire, sorte de "chefs d'orchestre" de la prise en charge
médico-sociale et sanitaire, chargés d'assurer la liaison entre les équipes.
- En 2008, 2.125 places d'accueil de jour et 1.125 places d'hébergement temporaire seront créées. Sur toute la durée du plan, ce sont 11.000 places d'accueil de jour ou équivalent
qui devraient être créées, et 5.600 places d'hébergement temporaires.
- Une carte d'information "Maladie d'Alzheimer" sera créée pour chaque malade.
- Afin d'informer et sensibiliser le grand public, seront également mis en place un numéro unique et un site internet d'information et d'orientation locale.
- En 2012, chaque personne atteinte de la maladie et son aidant pourront s'adresser à une "porte unique d'accès aux soins et services", et seront suivis par un référent.
- Egalement au programme : "un plan de développement de métiers et de compétences spécifiques pour la maladie d'Alzeimer", ainsi que "le lancement d'une réflexion
sur le statut juridique de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer en établissement"
- Le plan entend également faire de la lutte contre cette maladie une "priorité" de l'Union européenne lors de la présidence française (second semestre 2008), avec notamment
la tenue d'une conférence européenne sur cette question à l'automne 2008.
Plan Alzheimer : Sarkozy défend la nécessité des franchises médicales
"La seule façon de financer le plan" dit le président
Nicolas Sarkozy a justifié vendredi 1 février à Sophia-Antipolis la mise en place, depuis le 1er janvier, des franchises
médicales, estimant qu'il s'agissait de la seule façon de financer le plan Alzheimer 2008-2012 qu'il a dévoilé vendredi.
"C'est pour cela (le plan Alzheimer) que j'ai décidé, et je l'assume, de créer les franchises médicales. Ce n'était pas la
décision la plus facile (...) mais les moyens je ne peux pas les fabriquer", a déclaré M. Sarkozy.
Les franchises médicales doivent rapporter chaque année 860 millions d'euros. Le plan Alzheimer dévoilé vendredi par le
chef de l'Etat prévoit le déblocage d'un total de 1,6 milliard d'euros supplémentaires sur la période 2008-2012, dont 1,4 milliard financé par les seules franchises.
"Qui peut dire que ce n'est pas nécessaire ? Sans les franchises, c'eut été un déficit supplémentaire. C'est la vérité et il
faut la regarder en face", a insisté le chef de l'Etat. "J'ai voulu cette priorité. C'est une somme considérable, 1,6 milliard. Cet engagement financier majeur ne doit
pas se faire au détriment des comptes de l'assurance maladie", a-t-il ajouté.
"Ceux qui ne veulent pas des franchises, qu'ils viennent dire aux Français comment on finance des dépenses supplémentaires", a
lancé Nicolas Sarkozy à ses critiques, notamment à gauche, qui ont dénoncé l'entrée en vigueur de cette mesure le 1er janvier dernier.
"Je n'ai pas voulu dire à la recherche "débrouillez-vous à moyens constants", a-t-il également justifié. Avec les
franchises médicales, "nous financerons d'autres priorités, la lutte contre le cancer (...) et le développement des soins palliatifs. Je n'accepte pas l'idée que des compatriotes,
si gravement malades, ne puissent pas mourir avec une minimum de respect et de dignité", a-t-il ajouté.
Alzheimer: 165.000 nouveaux patients chaque année
1,3 million de malades en 2020
La maladie d'Alzheimer et les troubles apparentés touchent quelque 860.000 personnes en France, et affectent chaque année 165.000 nouveaux
patients.
La maladie d'Alzheimer est la principale cause de dépendance lourde, c'est-à-dire de perte d'autonomie des personnes âgées et de leur
entrée en maisons de retraite ou autres établissemnts de long séjour.
Evalué actuellement à 860.000, le nombre de malades d'Alzheimer pourrait atteindre 1,3 million en 2020 et 2,1 millions en 2040, selon un
rapport publié en 2005 par l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé (Opeps).
La maladie neurodégénérative, décrite pour la première fois en 19O6 par le médecin allemand Alois Alzheimer, entraîne une détérioration
progressive des fonctions cognitives (attention, perception, mémoire, intelligence, langage...) qui se répercute sur le comportement et l'adaptation sociale des patients.
Les formes précoces restent rares : seuls 5% des malades ont moins de 65 ans. Le risque augmente avec l'âge : en France, 1,5% des personnes de
65 ans sont touchées, mais la fréquence de la maladie double tous les quatre ans pour atteindre 25% des plus de 80 ans, selon l'association France Alzheimer.
Rester à domicile est le souhait d'une grande majorité des malades (40% vivent à domicile aujourd'hui), mais le "libre choix" n'est pas
toujours une réalité, par manque de solutions d'accueil Les inégalités sont grandes notamment entre les départements, où le nombre de places d'accueil de jour peut ainsi aller de zéro
à plus de 200 pour 100.000 habitants, selon une étude de la fondation Médéric Alzheimer.